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« Bêtise : 1) défaut d’intelligence et de jugement. 2) action ou parole sotte et maladroite. 3) action déraisonnable imprudente. 4) Bêtise (de Cambrai) : berlingots à la menthe. Contraire : intelligence ; esprit, finesse, ingéniosité, subtilité. » Petit Robert

ÉLOGE DE LA BÊTISE

DissipéeSage

Eloge de la bêtise

Bertrand Rickebusch

2 personnages :

Sources


Bruit de l'océan

J'étais un enfant lorsque ma mère pour la première fois m'apprit leur existence ; avant blanche-neige, avant le chat botté, avant les sept nains et la fée Carabosse, ils vinrent se ranger et ne me quittèrent plus jamais ; ma mère me les désignait un à un en me murmurant leur noms…Aujourd'hui ayant vécu, au bout de ma course, je les vois encore clairement, dans le crépuscule de Big Sur, et j'entends leurs voix malgré le grondement de l'océan ; leurs noms viennent tout seuls à mes lèvres et mes yeux d'homme vieillissant retrouvent pour les affronter le regard de mes huit ans.

ABELARD : Inutile d'avoir la moindre idée de sa philosophie , ni même de connaître le titre de ses ouvrages. Faire une allusion discrète à la mutilation opérée sur lui par Fulbert. Tombeau d'Eloïse et d'Abélard : si l'on vous prouve qu'il est faux, s'écrier : "Vous m'ôtez mes illusions."

ABSINTHE : Poison extra-violent : un verre et vous êtes mort. Les journalistes en boivent pendant qu'ils écrivent leurs articles. A tué plus de soldats que les Bédouins.

Il y a d'abord Totoche, le dieu de la bêtise, avec son derrière rouge de singe, sa tête d'intellectuel primaire, son amour éperdu des abstractions ; en 1940, il était le chouchou et le doctrinaire des Allemands ; aujourd'hui, il se réfugie de plus en plus dans la science pure, et on peut le voir souvent penché sur l'épaule de nos savants ; à chaque explosion nucléaire, son ombre se dresse un peu plus haut sur la terre ; sa ruse préférée consiste à donner à la bêtise une forme géniale et à recruter parmi nous nos grands hommes pour assurer notre propre destruction.

ACADEMIE FRANCAISE : La dénigrer, mais tâcher d'en faire partie si on peut.

Extrait star académy

ACCIDENT : Toujours déplorable ou fâcheux (comme si on devait jamais trouver un malheur une chose réjouissante...).

Il y a Merzavska, le dieu des vérités absolues, une espèce de cosaque debout sur des cadavres, la cravache à la main, avec son bonnet de fourrure sur l'œil et son rictus hilare ; celui-la est notre plus vieux seigneur et maître ; il y a si longtemps qu'il préside à notre destin, qu'il est devenu riche et honoré ; chaque fois qu'il torture et opprime au nom des vérités absolues, religieuses, politiques ou morales, la moitié de l'humanité lui lèche les bottes avec attendrissement ; cela l'amuse énormément car elle sait très bien que les vérités absolues n'existent pas, qu'elles ne sont qu'un moyen de nous réduire à la servitude et, en ce moment même, dans l'air opalin de Big Sur, par dessus l'aboiement des phoques, les cris des cormorans, l'écho de son rire triomphant vient vers moi de très loin, et même la voix de mon frère l'océan ne parvient pas à le dominer.

ACCOUCHEMENT : Mot à éviter ; le remplacer par événement. "Pour quelle époque attendez-vous l'événement ?"

ACTRICES : La perte des fils de famille. Sont d'une lubricité effrayante, se livrent à des orgies, avalent des millions, finissent à l'hôpital. Pardon ! il y en a qui sont bonnes mères de famille !

ADOLESCENT : Ne jamais commencer un discours de distribution des prix autrement que par "Jeunes adolescents" (ce qui est un pléonasme).

AFFAIRES (Les) : Passent avant tout. Une femme doit éviter de parler des siennes. Sont dans la vie ce qu'il y a de plus important. Tout est là.

AGRICULTURE : Une des mamelles de l'Etat (l'Etat est du genre masculin, mais ça ne fait rien). On devrait l'encourager. Manque de bras .

AIR : Toujours se méfier des courants d'air. Invariablement le fond de l'air est en contradiction avec la température ; si elle est chaude, il est froid, et l'inverse.

ALCOOLISME : Cause de toute les maladies modernes (v. absinthe et tabac).

ALLEMANDS : Peuple de rêveurs (vieux). Ce n'est pas étonnant qu'ils nous aient battus, nous n'étions pas prêts !

AMERIQUE : Bel exemple d'injustice : c'est Colomb qui la découvrit et elle tire son nom d'Améric Vespuce. Sans la découverte de l'Amérique, nous n'aurions pas la syphilis et le phylloxéra. L'exalter quand même, surtout quand on n'y a pas été. Faire une tirade sur le self-government.

ANGLAISES : S'étonner de ce qu'elles ont de jolis enfants.

Il y a aussi filoche, le dieu de la petitesse, des préjugés et de la haine - penché hors de sa loge de concierge, à l'entrée du monde habité, en train de crier « Sale américain, sale Arabe, sale Juif, sale Russe, sale Chinois, sale Nègre » - c'est un merveilleux organisateur de mouvement de masse, de guerre, de lynchages, de persécution, habile dialecticien, père de toutes les formations idéologiques, grand inquisiteur et amateur de guerres saintes, malgré son poil galeux, sa tête de hyène et ses petites pattes tordues, c'est un des dieux les plus puissants et les plus écoutés, que l'on trouve toujours dans tous les camps, un des gardiens les plus zélés de notre terre, et qui nous en dispute la possession avec le plus de ruse et d'habileté.

ARCHIMEDE : Dire à son nom : "Euréka ! Donnez-moi un point d'appui et je soulèverai le monde." Il y a encore la vis d'Archimède, mais on n'est pas tenu de savoir en quoi elle consiste.

ARGENT : Cause de tout le mal. Auri sacra fames . Le dieu du jour (ne pas confondre avec Apollon). Les ministres le nomment traitement, les notaires émoluments, les médecins honoraires, les employés appointements, les ouvriers salaires, les domestiques gages. L'argent ne fait pas le bonheur.

ART : Ca mène à l'hôpital. A quoi ça sert, puisqu'on le remplace par la mécanique qui fait mieux et plus vite.

ARTISTES : Tous farceurs. Vanter leur désintéressement (vieux). S'étonner de ce qu'ils sont habillés comme tout le monde (vieux). Gagnent des sommes folles, mais les jettent par les fenêtres. Souvent invités à dîner en ville. Femme artiste ne peut être qu'une catin. Ce qu'ils font ne peut s'appeler travailler.

AUTEUR : On doit "connaître des auteurs " ; inutile de savoir leur nom.

Il y a d'autres dieux, plus mystérieux et plus louches, plus insidieux et masqués, difficiles à identifier ; leurs cohortes sont nombreuses et nombreux leurs complices parmi nous.

Dissipée Baille

BAILLEMENT : Il faut dire : "Excusez-moi, ça ne vient pas de l'ennui, mais de l'estomac ."

BAISER : Dire embrasser, plus décent. Doux larcin. Le baiser se dépose sur le front d'une jeune fille , la joue d'une maman, la main d'une jolie femme, le cou d'un enfant , les lèvres d'une maîtresse.

BANDITS : Toujours féroces.

Extrait musical L5

BEETHOVEN : Ne prononcez pas Bitovan. Se pâmer quand même lorsqu'on exécute une de ses oeuvres.

BETES : Ah ! Si les bêtes pouvaient parler ! Il y en a qui sont plus intelligentes que des hommes.

BLONDES : Plus chaudes que les brunes (v. brunes ).

BOURSE (la) : Thermomètre de l'opinion publique.

BRUNES : Plus chaudes que les blondes (v. blondes ).

BUDGET : Jamais en équilibre.

CADEAU : Ce n'est pas la valeur qui en fait le prix, ou bien ce n'est pas le prix qui en fait la valeur. Le cadeau n'est rien, c'est l'intention qui compte.

CALVITIE : Toujours précoce, est causée par des excès de jeunesse ou la conception de grande pensée .

CELEBRITE : Les célébrités : s'inquiéter du moindre détail de leur vie privée, afin de pouvoir les dénigrer.

CHAMEAU : A deux bosses et le dromadaire une seule. Ou bien le chameau a une bosse et le dromadaire deux (on s'y embrouille).

CHATAIGNE : Femelle du marron.

CHATEAUBRIAND : Connu surtout par le bifteck qui porte son nom.

CLASSIQUES (les) : On est censé les connaître.

COIT, COPULATION : Mots à éviter. Dire : "Ils avaient des rapports...".

COMPAS : On voit juste quand on l'a dans l'œil.

CONCERT : Passe-temps comme il faut.

CRAPAUD  : Mâle de la grenouille . Possède un venin fort dangereux. Habite l'intérieur des pierres.

DANTON : « De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace ! »

DEICIDE : s'indigner contre, bien que le crime ne soit pas fréquent.

DEPUTE : L'être, comble de la gloire. Tonner contre la chambre des députés. Trop de bavard à la chambre ne font rien.

DEVOIRS : Les exiger de la part des autres, s'en affranchir. Les autres en ont envers nous, mais on n'en a pas envers eux.

DIDEROT : Toujours suivit de D'Alembert

DIPLÔME : Signe de science. Ne prouve rien.

DOCTRINAIRE : Les mépriser. Pourquoi ? On n'en sait rien.

Il était revenu humilié et s'était adressé à un peuple humilié. Il était au point de ne pouvoir parler. Tereza n'oublierait jamais ces pauses atroces au milieu des phrases. Etait-il à bout de force ? Malade ? L'avait-on drogué ? Où bien n'était-ce que le désespoir ? S'il ne reste rien de Dubcek, il en restera ces longs silences, il en restera ces longs silences atroces pendant lesquels il ne pouvait pas respirer pendant lesquels il cherchait son souffle devant un peuple entier collé aux récepteurs. Dans ces silences, il y avait toute l'horreur qui s'était abattue sur le pays.

C'était le septième jour de l'invasion, elle avait écouté ce discours dans la salle de rédaction d'un quotidien qui était devenu pendant ces journées le porte parole de la résistance. A ce moment-là, tous ceux qui étaient dans la salle et qui écoutaient Dubcek le haïssaient. Ils lui en voulaient du compromis auquel il avait consenti, ils se sentaient humiliés de son humiliation, et sa faiblesse les offensait.

Maintenant, à Zurich, en songeant à cet instant, elle n'éprouvait plus aucun mépris pour Dubcek. Le mot faiblesse ne sonnait plus comme un verdict. On est toujours faible confronté à une force supérieure, même quand on a le corps d'athlète de Dubcek. Cette faiblesse qui lui paraissait alors insupportable, répugnante, et qui l'avait chassée de son pays, l'attirait soudain. Elle comprenait qu'elle faisait partie des faibles, du camp des faibles, du pays des faibles et qu'elle devait leur être fidèle, justement parce qu'ils étaient faibles et qu'ils cherchaient leur souffle au milieu des phrases.

ECLECTISME : Tonner contre comme étant une philosophie immorale

ECOLES : Polytechnique, rêve de toutes les mères (vieux). Terreur des bourgeois dans les émeutes quand il apprend que l'école polytechnique sympathise avec les ouvriers (vieux). Dire simplement « l'Ecole » fait accroire qu'on y a été. A Saint-cyr : jeunes gens nobles. A l'école de médecine : tous des exaltés. A l'école de droit : jeunes gens de bonne famille.

ECRITURE : Une belle écriture mène à tout. Indéchiffrable : signe de science. Ex : les ordonnances des médecins.

EGOISME : Se plaindre de celui des autres et ne pas s'apercevoir du sien.

ENTERREMENT : A propos du défunt : « et dire que je dînais avec lui il y a huit jours ! » S'appelle obsèques quand il s'agit d'un général, enfouissement quand c'est celui d'un philosophe.

Nous rangeons les petits vêtements d'Elliott, nous emplissons un panier de provisions et nous attendons que Dave arrive, tristement dans le noir. Et nous avons une longue conversation. « Billie, pourquoi donc les poissons sont-ils morts ? » Mais elle sait déjà que c'est sans doute parce que je leur ai donné des corn flakes Kellogg, ou parce qu'il y a eu quelque chose qui n'a pas marché ; ce qui est certain, c'est qu'elle n'a pas oublié de leur donner à manger ; c'est ma faute, à moi seul ; j'aurais mieux aimé être rouillé par l'excès de réflexion de l'automne qu'être responsable de la mort des poissons, et me dire que c'est à cause de moi que ces pauvres petites parcelles de mort dorée flottaient sur cette eau écumeuse !

EPINARDS : Sont le balais de l'estomac. Ne jamais rater la phrase du célèbre Prudhomme : « Je ne les aime pas, j'en suis bien aise, car si je les aimais, j'en mangerais, et je ne puis pas les souffrir » (il y en a qui trouveront cela parfaitement logique et qui ne riront pas).

EPOQUE (La nôtre) : Tonner contre elle. Se plaindre de ce qu'elle n'est pas poétique. L'appeler époque de transition de décadence.

ERECTION : Ne se dit qu'en parlant des monuments.

ERUDITION : La mépriser comme étant la marque d'un esprit étroit.

ETRANGER : Engouement pour tout ce qui vient de l'étranger, preuve de l'esprit libéral. Dénigrement de tout ce qui n'est pas français, preuve de patriotisme.

EVACUATIONS : Les évacuations sont souvent copieuses et de mauvaise nature.

EVIDENCE : Vous aveugle, quand elle ne vous crève pas les yeux.

EXEPTION : Dites qu'elle confirme la règle. Ne vous risquez pas à expliquer comment.

FACTURE : Toujours trop élevée.

FAUTE : « C'est pire qu'un crime, c'est une faute » (Talleyrand) « Il n'y a plus une seule faute à commettre. » (Thiers) Ces deux phrases doivent être articulées avec profondeur.

FEMELLE : A n'employer qu'en parlant des animaux. Contrairement à ce qui existe dans l'espèce humaine, les femelles des animaux sont moins belles que les mâles. Ex. : faisan, coq, lion, etc.

FEODALITE : N'en avoir aucune idée précise mais tonner contre.

FONCTIONNAIRE : Inspire le respect quelque soit la fonction qu'il remplisse.

FRANÇAIS : Le premier peuple de l'univers. – « Il n'y a qu'un français de plus », a dit le comte d'Artois.- Ah ! Qu'on est fiers d'être français quand on regarde la colonne !

FULMINER : Joli verbe.

FUSILLER : Plus noble que guillotiner. Joie de l'individu à qui on accorde cette faveur.

GARDE-CÔTE : Ne jamais employer cette expression au pluriel en parlant des seins d'une femme.

GOTHIQUE : Style d'architecture portant plus à la religion que les autres.

GOÛT : Ce qui est simple est toujours de bon goût. Doit toujours se dire à une femme qui s'excuse de la modestie de sa toilette.

Ce n'est qu'en 1980, par un article publié dans le Sunday Times , qu'on a appris comment était mort le fils de Staline, Iakov. Prisonnier de guerre en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale, il était interné dans le même camp que des officiers anglais. Ils avaient des latrines communes. Le fils de Staline les laissait toujours sales. Les anglais n'aimaient pas voir leurs latrines souillées de merde, fut-de la merde du fils de l'homme le plus puissant de l'univers. Ils le lui reprochèrent. Il en prit ombrage. Ils répétèrent leurs remontrances, l'obligeant à nettoyer les latrines. Il se fâcha, se disputa avec eux, se battit. Finalement, il demanda audience au commandant du camp. Il voulait qu'il arbitre leur différent. Mais l'Allemand était trop imbu de son importance pour discuter de merde. Le fils de Staline ne put supporter l'humiliation. Proférant vers le ciel d'atroces jurons russes, il s'élança vers les barbelés sous courant à haute tension qui entourait le camp. Il se laissa choir sur les fils. Son corps qui ne souillerait plus jamais les latrines britanniques y resta suspendu.

GRAMMAIRE : L'apprendre aux enfants dès le plus bas âge comme étant une chose claire et facile.

GRENOUILLE : La femelle du crapaud.

GUERRE : Tonner contre.

HACHISCH : Ne pas confondre avec Hachis, qui ne provoque aucune extase voluptueuse.

HEMOROÏDES : Vient de s'asseoir sur les poêles et sur les bancs de pierre. Mal de fiacre. Les hémorroïdes sont un signe de santé, il ne faut donc pas les faire passer.

HERMAPHRODITE : Excite la curiosité malsaine. Chercher à en voir.

HIPPOCRATE : On doit toujours le citer en latin parce qu'il écrivait en grec, excepté dans cette phrase : « Hippocrate dit oui, mais Galien dit non. »

HOSTILITE : Les hostilités sont comme les huîtres, on les ouvre. « Les hostilités sont ouvertes. » Il semble qu'il n'y a plus qu'à se mettre à table.

HYSTERIE : La confondre avec la nymphomanie.

IDEAL : Tout à fait inutile.

ILLISIBLE : Une ordonnance de médecin doit l'être. Toute signature idem . Cela indique que l'on est accablé de correspondance.

IMBECILES : Ceux qui ne pensent pas comme vous.

IMMORALITE : Ce mot bien prononcé rehausse celui qui l'emploie.

INCAPACITE : Toujours notoire. Plus on est incapable, plus on doit être ambitieux.

INSTRUCTION : Laisser croire qu'on en a reçu beaucoup. Le peuple n'en a pas besoin pour gagner sa vie.

INSURRECTION : Le plus sain des devoirs (Blanqui).

INTRODUCTION : Mot obscène.

JAMBON : Toujours de Mayence. S'en méfier à cause des trichines.

JANSENISME : On ne sait pas ce que sait, mais il est très chic d'en parler.

JOUISSANCE : Mot obscène.

JOUR : Il y a les jours de Monsieur, le jour de Barbe, le jour de médecin, etc. Il y a ceux de Madame, qu'elle appelle critique à certaines époques du mois.

JOURNAUX Ne pouvoir s'en passer mais tonner contre. Leur importance dans la société moderne. Ex : Le Figaro . Les journaux sérieux : La Revue des Deux Mondes , L'Economiste, Le Journal des Débats  ; il faut les laisser traîner sur la table de son salon. Marquer quelques passages au crayon rouge produit aussi un très bon effet. Lire le matin un article de ces feuilles sérieuses et graves, et le soir, en société, amener adroitement la conversation sur le sujet étudié afin de pouvoir briller.

KORAN : Livre de Mahomet, où il n'est question que de femmes.

LACONISME : Langue qu'on ne parle plus.

LIBERTE : Ô liberté ! Que de crimes on commet en ton nom ! Nous avons toutes celles qui sont nécessaires. La liberté n'est pas la licence (phrase de conservateur).

Le rapport, c'est que si ça existe, Madame Rosa a le droit sacré des peuples à disposer d'elle même, comme tout le monde. Et si elle veut se faire [euthanasier], c'est son droit. Et c'est vous qui devriez le lui faire parce qu'il faut un médecin juif pour ça pour ne pas avoir d'antisémitisme. Vous ne devriez pas vous faire souffrir entre Juifs. C'est dégueulasse.

LYNX : Animal célèbre par son œil.

MACADAM : A supprimé les révolutions : plus moyen de faire des barricades. Est néanmoins bien incommode.

MAIRE DE VILLAGE : Toujours ridicule. Se croit insulté quand on l'appelle échevin .

MALADE : Pour remonter le moral d'un malade, rire de son affection et nier ses souffrances.

MAL DE MER : Pour ne pas l'éprouver il suffit de penser à autre chose.

MEMOIRE : Se plaindre de la sienne, et même se vanter de n'en pas avoir. Mais rugir si on vous dit que vous n'avez pas de jugement.

METHODE : Ne sert à rien.

MINUIT : Limite du bonheur et des plaisirs honnêtes ; tout ce qu'on fait au delà est immoral.

J'ai selon toute apparence vécu une sacrée nuit, cette nuit là. J'ai essayé de traverser un mur de glisseur comme un toxico qui vient de se taper trop de raves et j'ai baisé la mauvaise personne. Une performance magnifique.

MUSICIEN : Le propre du musicien, c'est de ne composer aucune musique, de ne jouer d'aucun instrument, et de mépriser les virtuoses.

Tout cela peut paraître bien triste, mais en fait ce fut une fort joyeuse nuit ; Dave et Romana arrivèrent et il fallut transporter les paquets et les vêtements dans la voiture, prendre des bouteilles, bref, bref, faire le nécessaire pour pouvoir chanter tout le long du chemin La maison dans la montagne et Je ne suis qu'un vieil Etron solitaire.

MUSIQUE : Fait penser à un tas de choses. Adoucit les mœurs. Ex. : la Marseillaise .

NAPLES : Si vous causez avec des savants, dire Parthénope. Voir Naples et mourir ! (v. Yvetot.)

NEOLOGISME : La perte de la langue française.

NŒUD GORDIEN : A rapport à l'antiquité . (Manière des anciens pour nouer leur cravate).

OASIS : Auberge dans le désert.

OBSENITE : Tous les mots scientifiques dérivés du grec ou du latin cachent une obscénité.

OMNIBUS : On n'y trouve jamais de place. Ont été inventé par Louis XV. « Moi, monsieur, j'ai connu des tricycles qui n'avaient que trois roues ! »

OPTIMISTE : Equivalent d'imbécile.

Madame, je suis persécuté sans être juif. Vous n'avez pas le monopole. C'est fini, le monopole juif, Madame. Il y a d'autres gens que les juifs qui ont le droit d'être persécutés aussi. Je veux mon fils Mohamed Kadir dans l'état arabe dans lequel je vous l'ai confié et reçu. Je ne veux pas de fils juif sous aucun prétexte, j'ai assez d'ennui comme ça.

ORDRE : Que de crime on commet en ton nom ! (v. liberté)

ORIGINAL : Rire de tout ce qui est original, le haïr, le bafouer, et l'exterminer si on peut.

•  Tu es un garçon très intelligent, très sensible, trop sensible même. J'ai souvent dit à Madame Rosa que tu ne seras jamais comme tout le monde. Quelquefois, ça fait des grands poètes, des écrivains, et quelquefois…. Et quelquefois, des révoltés. Mais rassure-toi, cela ne veut pas dire du tout que tu ne seras pas normal.

•  J'espère bien que je ne serais jamais normal, docteur Katz, il n'y a que les salauds qui sont toujours normaux.

ORTHOGRAPHE : Y croire comme aux mathématiques. N'est pas nécessaire quand on a du style.

PARENTS : Toujours désagréables. Cacher ceux qui ne sont pas riches.

PARTIES : Sont honteuses pour les uns , naturelles pour les autres.

PHENIX : Beau nom pour une compagnie d'assurances contre l'incendie.

PIPE : Pas comme il faut, sauf au bain de mer.

PLACE : Toujours en demander une.

POETE : Synonyme de nigaud  ; rêveur.

PROPRIETAIRE : Les humains se divisent en deux grands classes : les propriétaires et les locataires.

QUESTION : La poser, c'est la résoudre.

RESTAURANT : On doit toujours y demander les mets qu'on ne mange pas habituellement chez soi. Quand on est embarrassé, il suffit de choisir les plats que l'on sert aux voisins.

RICHESSE : Tient lieu de tout, même de considération.

RUINES : Font rêver et donnent de la poésie à un paysage.

SALIERE : La renverser porte malheur.

SANTE : Trop de santé, cause de maladie.

SAVANTS : Les blaguer. Pour être savant, il ne faut que de la mémoire et du travail.

SERVICE : C'est rendre service aux enfants que de les calotter ; aux animaux de les battre ; aux domestiques que de les chasser ; aux malfaiteurs que de les punir.

SEVILLE : Célèbre par son barbier. Voir Séville et mourir ! (v. Naples)

SOCIETE : Ses ennemis, ce qui cause sa perte.

TAUREAU : Le père du veau. Le bœuf n'est que l'oncle.

TEMOINS : Il faut toujours refuser d'être témoin en justice, on ne sait pas où ça peut mener.

TERRE : Dire les quatre coins de la terre, puisqu'elle est ronde.

UKASE : Appeler Ukase tout décret autoritaire, ça vexe le gouvernement.

VOISINS : Tâcher de se faire rendre par eux des services sans qu'il en coûte rien.

YVETOT : Voir Yvetot et mourir ! (v. Naples et Séville.)

Elle me regarde et attend que je sorte ma réplique. Et je peux la choisir parmi toute une cargaison. S'il y a quelque chose en quoi le cinéma soit bon, ce sont les au revoir. De « sois prudent, chéri ! » à « Ne demandons pas la Lune quand nous avons les étoiles » en passant par «  Reviens, Schane ! » ou « Hasta la vista, baby ».

Mais je ne les utilise pas. Je reste là sans bouger, à la contempler, avec ses magnifiques cheveux et son visage inoubliable. A songer à ce que je désire et ne peux avoir, même pour quelques minutes.

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